Prière du Kaddich ou prière des morts dans la tradition juive


« Que le nom du Très-haut soit exalté et sanctifié dans le monde qu'il a créé selon sa volonté. Que son règne soit proclamé de nos jours et du vivant de la maison d'Israël, dans un temps prochain. Et dites : Amen.
Que le nom de l'Eternel soit béni à jamais et dans toute l'Eternité.
Béni, loué, célébré, honoré, exalté, vénéré, admiré et glorifié soit le nom du Dieu très-saint, au dessus de toutes les bénédictions, de tous les cantiques et hymnes de louange qui peuvent être proférés dans ce monde. Et dites : Amen.
Qu'une paix parfaite et une vie heureuse nous soient accordées par le Ciel, à nous et à tout Israël. Et dites : Amen. »

Josiane Bernon, membre de "l'autre rive", une association de chrétiens qui célèbrent des funérailles en particulier pour des personnes loin des religions ou sans abri.

C'est un ami prêtre qui a écrit cette chronique pour RCF le jeudi 17 novembre 2005. je vous la livre suite à notre soirée

Bonjour,

Je sais que le temps court plus vite que nous, mais permettez moi de revenir une quinzaine de jours en arrière, lorsque l'on a célébré la fête de la Toussaint. Plus exactement encore, le 2 novembre, jour de mémoire pour les défunts. Pratiquement chaque semaine, j'accompagne des familles qui sont confrontées à la mort d'un proche, qui sont appelées à vivre une séparation plus ou moins brutale.
Peut-être que cela va vous surprendre, mais personnellement, j'aime bien accompagner des familles dans le deuil et célébrer des funérailles. Mon souhait le plus fort dans ces différents moments de partage : faire que la mort ne les engloutisse pas mais que ce départ, ce décès, leur donne de se renouveler dans l'amour de tous leurs proches. Faire en sorte que celui qui nous quitte soit source de vie pour chacun. Chaque personne porte en elle des trésors divers : des attitudes, des convictions, des idées, des façons d'être et de partager. C'est à cette source qu'il est bon de renouveler sa vie.
Bien sûr, je partage avec toutes ces personnes mon espérance en la vie au-delà de cette vie, mais sans jamais l'imposer. Parfois, on me demande même de ne pas trop insister sur la foi, car le défunt « n'y croyait pas trop ». J'accepte bien volontiers, dans ces cas-là, cette discrétion demandée. Pour moi, elle est signe d'un profond respect pour cette personne. Ne pas profiter de « l'occasion » pour affirmer ma foi. Je pense qu'il vaut mieux ne pas trop en dire[, plutôt que trop en faire]. L'espérance en la vie qu'on appelle éternelle, est moins

dans les mots que dans une attitude d'accueil, de respect, d'attention réelle à ce que vivent les gens. Si déjà dans cette vie, il y a le respect de chacun, l'attention, l'accueil, alors je peux espérer que Dieu soit cela pour moi, pour nous, un jour.
Dans ces moments difficiles, parfois dramatiques, nous sommes au cœur de l'être humain. L'écoute est ce qui compte le plus. Une écoute pour saisir à la fois qui était celui qui nous quitte, déceler souvent dans peu de mots ce qu'il portait de profond, d'important dans son existence et une écoute d'autre part pour comprendre sa famille, ses amis et comment ils vivent cette barrière qu'est la mort.
Face à la mort, même si notre espérance est grande, nos mots sont faibles. Nous ne sommes jamais dans le domaine de la preuve mais de la foi. Aussi dans cet accueil si divers, l'écoute et le respect de chacun est pour moi premier. Faire qu'ils puissent repartir un peu apaisés, heureux de la vie partagée dans ce moment délicat, est l'objectif que je me fixe. L'important c'est que chacun reste sur cette terre, vivant d'amour, vivant de désir, vivant de projet. Et quand je vois que cela se réalise, je suis heureux de ce temps partagé avec eux.
J'espère que la mort, avec ce qu'elle porte de souffrance, n'effraie aucun de vous, mais qu'elle vous appelle à savoir rester vivants ici bas. Pour l'éternité, c'est autre chose, une espérance ancrée au cœur et c'est différent pour chacun.
À la semaine prochaine.

Stéphane Boyer