Pierre, médecin réanimateur au CHU de St Etienne.

« Pour moi, je ne suis pas médecin pour tuer, mais pour sauver des vies, ce qui n'est pas l'avis de toutes les personnes de l'équipe avec qui je travaille.

J'ai eu un cas comme Vincent Humbert, tétraplégique après un accident de moto et qui faisait des études, mais qui voulait vivre donc, le problème ne se posait pas.
On a eu un patient le 24 mai de 31 ans qui a fait des convulsions pendant toute une nuit sans que personne ne s'en aperçoive, qui se sont terminées par un arrêt cardiaque. Après beaucoup d'examens, on en a conclu qu'il avait un électroencéphalogramme presque plat et que le cortex (partie haute du cerveau) était déconnecté du cerveau. Après plusieurs pronostiques et au bout de 2 mois de réflexion, on  en a déduit qu'il ne se réveillerai jamais. On a proposé à la famille d'arrêter le respirateur et de le désintuber sachant qu'il pouvait respirer seul. La famille a refusé car elle pense qu'il y a toujours espoir qu'il se réveille un jour et nous devons respecter le choix de la famille ou de la personne de confiance. Il a été transféré dans un centre spécialisé après 4 mois passé dans notre service de réanimation. Il a une trachéotomie, une sonde dans l'estomac pour passé des aliments liquides, ce qu'a choisi le famille. Il est dans ce que l'on appelle un
coma prolongé.

La définition scientifique de la
mort aujourd'hui n'est pas l'arrêt cardiaque mais l'arrêt de toute activité cérébral.
Il y  a différents types de cas qu'il faut bien différencier.
Il y a l'
euthanasie qui consiste à tuer une personne en lui injectant un produit comme la mère de Vincent Humbert qui a injecté du chlorure de potassium. Ceci est interdit par le loi, considéré comme un crime et pour la France, ce ne sera pas autorisé de sitôt. Il y en a qui l'ont pratiqué, qui le pratique et c'est autorisé dans certains pays. Dans le service, on injecte pas de produit.
Pour des comas chroniques, des électroencéphalogramme plat,nous n'avons légalement pas le droit de débrancher.
Le
non acharnement thérapeutique  est évoqué quand une personne n'a aucune chance de se maintenir en vie. Cet acte est condamné par le code de déontologie, mais dans le loi française, ce n'est pas évoqué. Et c'est là qu'intervient le nouveau projet de loi que nous attendons avec beaucoup d'impatience et qui est très bien rédigé.
Suivant l'âge, de quoi le patient est atteint, des cas bien précis, une personne qui n'a aucune chance de s'en sortir ou si aggravation il y a comme une insuffisance rénale ou autre,
l'arrêt thérapeutique consiste a ne plus administrer de médicaments puisque ça ne servirait à rien et on laisse la personne comme ça. Notre but n'est pas de la tuer, mais de l'accompagner, d l'aider à vivre cette souffrance dans le meilleur des cas possible jusqu' à qu'elle meurt.

Toutes ces décisions se prennent avec toute l'équipe médicale, les infirmières, aides-soignants, car la plupart des plaintes viennent du corps médical qui a été choqué. Nous tenons en premier lieu du souhait de la famille, tout en faisant attention aux famille qui pousse pour des questions d'héritage par exemple.
Il y a eu pendant longtemps beaucoup de confusion mais maintenant moins.
Voilà à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui. »